Billet d’humeur #42 | 25/03/2021 par Laurent Cavalié

Lettre d’un chanteur occitan aux militants décoloniaux : Et nous là-dedans ?   Avons nous une place dans la sphère décoloniale ? Nous ne sommes ni «racisé-es», ni «non-blancs», ni «noirs», ni «blacks», ni «indigènes» mais je veux vous exprimer pourquoi j’ai besoin de me rapprocher des combats décoloniaux. Je veux vous exprimer les siècles de mépris vis à vis de notre langue qui n’est pas le français, de notre accent qui n’est pas celui des dominants économiques et médiatiques, de notre absence des plateaux de théâtre, des médias, du cinéma. Je veux vous exprimer la fatigue de devoir encore et toujours justifier … Lire la suite

Billet d’humeur #41 | 04/02/2021 par Romain Baudoin

Créons nos traditions ! […] Comment préserver sans figer ? Comment transmettre sans compromettre ? La mise en opposition stérile de la tradition et de la création n’est pas spécifique aux musiques de tradition orale, c’est certainement un débat qui anime l’homme social depuis son origine. La tradition doit s’installer sur un temps long. Ce sont des couches sédimentaires qui doivent être validées constamment par une reconnaissance culturelle, une transmission sous forme d’héritage. C’est une notion collective et en musique elle est le plus souvent reliée à l’oralité. La création est en général une initiative plus personnelle, une prise de … Lire la suite

Billet d’humeur #40 | 18/12/2020 par Thomas Baudoin

En finir avec la tyrannie du Temps, le remettre à sa juste place, reconsidérer cette notion, voilà un enjeu qui me parait vraiment important. Peut-être que je vais vite en besogne, mais faut bien que quelque chose change fondamentalement, non ? quelque chose d’intimement ancré, structurant notre manière de considérer le Réel, ce qui nous entoure et la perception que nous en avons. Quand je dis en finir avec la tyrannie du temps je parle très exactement d’en finir avec le Temps lui-même. Ça m’a interpellé, en entendant Étienne Klein, lors d’une de ses conversations scientifiques sur France Culture dire … Lire la suite

Billet d’humeur #39 | 27/11/2020 par Nicolas Godin

OUIN-OUIN Gérer un label de musique c’est pas un métier facile. Surtout quand on est bénévole. Et qu’on apprend sur le tas. Je suis pas là pour pleurnicher. Surtout en ce moment où l’État nous mène en bateau (depuis longtemps en fait), traite certaines personnes comme on ne traiterait pas des chiens, même errants, les chiens. Ça serait un peu déplacé. Il s’agit là de montrer l’envers du décor. Derrière les jolis disques, la jolie musique, et bien, je galère un peu, je fais des fois avec des bouts de ficelles, au dernier moment, dans mon bureau dont la couleur … Lire la suite

Billet d’humeur #38 | 01/10/2020 par Lila Fraysse

LE POST-NEUTRALISME On parle de décoloniser les arts. Force est de constater que ce travail est principalement mené par les personnes racisées. Un des privilèges blancs est la non-nécessité de se situer, la capacité à se considérer comme la norme. Se décoloniser. Ce serait défier la binarité blanc / noir, moderne / traditionnel, homme / femme pour se situer dans les interstices. Parler depuis la « talvera », cet espace non-cultivé où pivote la charrue au bord des champs, métaphore poétique politisée par Joan Bodon. Notre occitanité se trouve dans cette brèche, loin de l’Histoire officielle, loin du chauvinisme local. … Lire la suite

Billet d’humeur #37 | 02/07/2020

Pagans et Hart Brut : Une communauté de créateurs Le webzine Rythmes Croisés nous ouvre ses colonnes… Dix ans déjà que la FAMILHA ARTÚS, dont la démarche fusionne le folk gascon et les musiques aventurières et expérimentales, s’est agrandie avec la création de son label Pagans. Deux ans plus tard, elle accouchait de l’association Hart Brut, la “Compagnie artistique radicale de Gascogne” qui produit et qui diffuse les projets artistiques, culturels et pédagogiques des artistes qui la composent. Outre les productions d’ARTÚS, le désormais incontournable label Pagans compte de nombreuses références distribuées sur Bandcamp en format numérique, CD et/ou vinyle … Lire la suite

Billet d’humeur #36 | 28/05/2020 par Matèu Baudoin

« Nous en avons fini avec les révolutions culbuto qui remettent sur leurs pieds ce qu’elles renversent, parce que, ne l’ayant jamais conquise, elles rêvaient de la liberté comme d’un ciel lorsqu’il nous faut apprendre – nous – à la vivre en tant que sol. La révolution, c’est un quotidien qui vibre. » Tiré de « La Zone du Dehors », roman d’Alain Damasio Dans imposture, il y a posture. Posture au sens de tenir une position quitte à la rigidifier mais aussi au sens de faire semblant. C’est dans ces deux acceptions de la posture que nous assistons à … Lire la suite

Billet d’humeur #35 | 23/04/2020 par Clémence Cognet

Depuis quand c’est le futur ? Voilà une question philosophique qui nous amène très vite dans les recoins vaporeux de la pensée enfantine, métaphysique de l’inconcevable. Et pourtant une question très pragmatique et actuelle s’y rattache. Depuis quand qualifie-t-on la musique de futuriste pour en dire du bien ? Et pourquoi ? C’est sous cet angle que bon nombres d’articles qui mettent au jour de nouvelles productions en musiques « traditionnelles » présentent leur découverte. Et ce depuis quinze ans. Vingt ans. Impossible de savoir. J’ai néanmoins fait quelques recherches. La critique musicale naît avec la presse au XVIIIème siècle. Quelques grandes … Lire la suite

Billet d’humeur #34 | 19/03/2020 par Cocanha

Les récentes prises de parole médiatiques des victimes de violences sexuelles ont participé à craqueler et ébrécher la faïence bien entretenue du patriarcat. Il a fallu qu’un satané virus arrive jusqu’à nous, pour qu’on ne puisse plus se toucher, se rassembler, se crier au visage cet espoir bouillonnant. Ça nous confine dans nos sphères privées et rive nos yeux sur des réseaux sociaux saturés. Au Carnaval, le 21 février, Cocanha a sorti son 2ème album : Puput. Quel drôle de nom d’oiseau. En occitan, c’est le nom de la huppe fasciée, cet oiseau au long bec gracile légèrement arqué, avec … Lire la suite

Billet d’humeur #33 | 20/02/2020 par Nicolas Favier

Mon premier souvenir lié aux musiques dites « traditionnelles » remonte à un concert du Duo Tras (avec Bernard Combi) en 2007 au festival Jazz à Luz. Un premier aperçu déviant bien loin des polyphonies corses ou du binioù breton qui sont un peu les clichés du genre. C’est aussi à Jazz à Luz que j’ai dû entendre pour la première fois le nom de Laurent Moulédous qui deviendra plus tard le « gourou » d’Hart Brut. Mais c’est vraiment en 2015 que j’ai commencé à jeter une oreille assidue à cette nouvelle scène « indie trad » ou de … Lire la suite